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Dimanche 05 Février : Petits As du Ping Trophée Adidas
Cette action régionale ouverte aux jeunes (nés en 2002 et après) a connu un vif succès en 2011 à savoir environ 200 jeunes, rdv le 05 à Mangin Beaulieu...
Dans L’Equipe Mag, Roger Federer livre une interview qui laisse aux lecteurs une belle impression. Si le Suisse est sans aucun doute un grand champion, il est également un homme qui a beaucoup à nous apprendre. Au fil de la lecture de cet article, se dessine ce qui peut s’apparenter à une philosophie, celle qui permet aux athlètes de haut niveau singuliers de se reconnaître. Pourquoi ? Parce qu’ils ne s’appuient pas sur des « ressorts primaires », des croyances toutes faites dont nous ne connaissons plus le fondement, des phrases si souvent répétées qu’elles n’ont plus d’épaisseur. Avec des joueurs tels que Roger Federer, c’est autre chose.
En tant qu’intervenante en psychologie du sport, j’ai le sentiment qu’avant de penser à inculquer des techniques, nous devrions uvrer afin d’aider les jeunes sportifs de haut niveau en devenir à développer les valeurs, les attitudes allant leur permettre de tisser ce genre de philosophie, voire d’idéologie, propice à une vie d’athlète harmonieuse. L’ouvrage d’Yves Riedrich, « Le mental dans tous ses états », offre de beaux passages sur le sujet et suscite de nombreuses interrogations sur notre façon de conditionner les relations du futur athlète de haut niveau à sa pratique et à la compétition. Bob Rotella explique : « Le principal de mon travail est de développer chez l’athlète une perspective saine de la compétition, que ce soit contre les autres ou avec soi-même ». Roger Federer nous fait partager une belle illustration du comportement et des pensées qui accompagnent cette « perspective » dont parle Rotella. Pour lui, la poignée de main de fin de match, qu’il qualifie de « respectueuse », est une façon de dire : « C’était un bon match, j’ai apprécié que tu m’aies fait bien jouer. Grâce à toi, j’ai pu m’exprimer d’une façon magique » (p.16). Entendez-vous dans son entier ce qu’une telle perception de l’adversaire, de la rencontre, laisse entrevoir ? L’adversaire n’est plus un ennemi à abattre, il est un faire-valoir, celui par qui le surpassement, l’excellence sont rendus possible. Il est « mon indispensable » pour exprimer mes compétences, mon talent, pour m’inciter à dépasser mes limites. Il est mon partenaire, lui et moi faisons équipe, au nom de notre désir respectif de performance. Comment ne pas respecter l’adversaire dans ces conditions ? En enseignant cette perception aux plus jeunes, n’aurions-nous pas davantage de chance de les voir adopter le bon comportement ? L’expression « respecter l’adversaire » manque de sens si nous ne la définissons pas réellement et si nous continuons à faire nos singeries sur les bords de terrain !
A la lecture de l’article de Roger Federer, vous trouverez de nombreux passages laissant transpirer sa philosophie. Ils sont souvent faciles à repérer : ils nous interpellent. Et c’est peut-être parce qu’ils nous interpellent qu’il convient de nous y arrêter. Les « techniques du mental » ne peuvent remplacer le chemin que le sportif doit parcourir pour dessiner son idéologie et faire émerger les valeurs sur lesquelles il va s’appuyer. C’est pourquoi l’intervenant en psychologie du sport doit avant tout, par l’intermédiaire des mécanismes verbaux de la conversation, se préoccuper de ces problématiques, sources d’une stabilité enviable parce que pleine de bon sens. Yves Riedrich parle d’une « approche de la psychologie du sport à tendance humaniste » (p.16), et, cette formule me convient.
Riedrich, Y. (2004). Le mental dans tous ses états. Paris : Chiron.
(*) Pionnier dans le domaine de la psychologie du sport, le Dr Bob Rotella agit à titre de consultant auprès de plusieurs golfeurs et golfeuses de la PGA et de la LPGA, dont Tom Kite, Pat Bradley, Davis Love III et Brad Faxon. Chroniqueur et consultant à la revue Golf Digest, il a été pendant 20 ans directeur de la faculté de psychologie du sport de l’Université de la Virginie.
http://sabb83.skyrock.com/3037859715-entretien-avec-Roger-Federer.html